Comment structurer le scénario de son roman ?

Comment structurer le scénario de son roman ?

Vous avez trouvé les références, écrit le worldbuilding et construit les personnages… Vous avez donc une bonne base, mais désormais, il est temps d’attaquer le gros morceau : de quoi va parler votre roman ? 

Tout le monde fonctionne différemment pour cette étape, entre ceux qui veulent le moins de structure possible pour commencer à écrire et ceux qui veulent un cadre absolu à leur roman. Nous aborderons les tableurs pour les forcenés dans un prochain article. Ici, même les jardiniers seront ravis de voir que l’on parle du minimum à avoir sur un scénario en amont (qui sera bien trop pour certains, je l’entends). Une trame fine qui vous permettra un tissage de scène bien plus simple pendant l’écriture.

Tout au long de l’article, je m’appuierais sur le tableau Notion que je vous propose gratuitement en fin d’article ou bien dans la catégorie « pour les auteurs » de « collection ».


La base

Commençons par le plus simple. Cette liste de questions va vous dire quelque chose, puisque nous l’avons déjà bien utilisé dans l’article sur le worldbuilding :

Où ?

Qui (protagonistes) ?

Qui (force antagoniste) ?

Quand ?

Quoi ?

Comment ?

Pourquoi ?

Cette liste bien basique et que vous avez déjà entendue à toutes les sauces n’est pas aussi connue pour rien. Si vous trouvez toutes les réponses à ces questions avec votre intrigue, alors vous avez déjà fait une bonne partie du chemin. Vous remarquerez que le « qui » est doublé pour présenter, d’un côté, les protagonistes, d’un autre, la force antagoniste. Bien entendu, ce n’est pas forcément un personnage, ça peut représenter une organisation, une faction, un système… pour ce qui est du « quoi », il est parfois difficile de comprendre ce qu’il faut y mettre, mais, dans cette ligne, on parle de la direction principale de votre intrigue sans aucune fioriture (jeter l’anneau dans la montagne du destin, vaincre la sorcière blanche, sortir du pays des merveilles…). Pour le « comment », c’est la manière d’atteindre ce but, et le « pourquoi », c’est la raison pour laquelle tout se passe dans votre histoire. 



L’histoire

Maintenant que vous possédez un point de départ pour votre structure, on va commencer à détailler tout ça. En m’appuyant sur le Notion comme dit précédemment, on va prendre point par point chacun des éléments pour les comprendre mieux :

L’intrigue, c’est ce que font les personnages pour atteindre le « quoi ». Voyager, combattre… C’est votre histoire dans sa qualité la plus simple : Frodon porte l’anneau accompagné de Sam pour le détruire dans la montagne du destin, pour citer le meilleur des exemples. Elle ne doit raconter que l’essentiel.

La prémisse est le lien entre votre intrigue, vos personnages et votre dénouement. Par exemple : un hobbit voyage loin de chez lui pour détruire un anneau maléfique et permettre au bien de triompher sur les forces du mal. La prémisse est primordiale dans votre histoire, elle dirige l’intégralité de votre histoire, ne négligez pas cette étape. Bien entendu, elle pourra évoluer lors de la création de votre structure, mais vous devez toujours la garder bien claire dans votre esprit.

Votre principe directeur est la raison pour laquelle votre histoire sera racontée de cette manière, votre but à vous dans tout ça. Quels messages voulez-vous faire passer et par quel moyen ? Toujours pour citer le seigneur des anneaux, on pourrait dire que son principe directeur est :

Prouver que les forces du bien peuvent triompher sur le mal si on les utilise dans leur forme la plus pure.

Votre récit doit contenir un principe directeur, il vous permet de comprendre votre message et un roman avec du sous-texte, c’est toujours plus sympa !

Les vrais et faux problèmes donnent souvent du fil à retordre. La différence peut parfois s’avérer difficile à comprendre et parle vraiment de l’essence même de votre histoire. Personnellement, c’est souvent la dernière ligne que je remplis, une fois que j’ai bien mon histoire en tête. Alors que sont-ils ? Le faux problème est ce que votre personnage principal pense chercher, sa quête pendant votre récit dans son essence la plus simple, celle que tout le monde comprend et qu’il donne lui-même comme raison. Le vrai problème, lui, est beaucoup plus insidieux. C’est ce que le protagoniste ne sait pas sur sa quête, la vraie raison pour laquelle il fait ce voyage. Un exemple de faux et de vrai problème pourrait être :

Faux problème : devenir le plus grand héros de tous les temps.

Vrai problème -> le héros comprend que sa valeur réside tout autant dans sa bonté d’âme que dans son courage. 


Acte I 

Votre histoire est posée, vous savez de quoi vous allez parler. Parfait. Maintenant, on va structurer votre histoire, acte par acte. La structure en trois actes fait parfois peur au plus jardinier d’entre nous. Pas de panique ! On se trouve juste ici pour savoir approximativement où on va. Alors c’est parti pour reprendre tous les points essentiels de notre petite fiche : 

La Situation initiale/Prologue est le début de votre histoire ; où se trouvent vos personnages ? Que font-ils ? Si je peux donner un conseil sur cette étape, c’est de dire où votre récit commence, puis de le faire débuter réellement plusieurs scènes plus loin. On a souvent tendance à commencer nos récits bien trop tôt. Le réveil du matin de votre personnage manque d’intérêt, par contre, le moment où il se fait poursuivre dans la rue par un tueur en série plonge déjà plus le lecteur dans votre histoire. Dans mon roman « Aube », je m’étais entêté à vouloir faire réveiller mon personnage au début du récit pour la voir comprendre que le soleil ne se lèvera plus jamais au fur et à mesure de sa matinée. Finalement, commencer en première phrase avec le personnage qui est planté devant sa fenêtre à regarder l’heure et l’aube fonctionnait largement mieux. Parfois, on doit savoir ne pas trop s’obstiner ! 

Quant à l’élément déclencheur, c’est le moment où votre intrigue se lance, ce qui fait basculer tout votre récit. Ce moment peut arriver assez tôt. En réalité, votre premier acte ne doit pas durer, mais, en tout cas, il doit se montrer percutant et bousculer le monde de votre protagoniste.


Acte II

Le début du deuxième acte est la retombée de votre élément déclencheur. Une fois que l’action est terminée, que se passe-t-il ? Vos protagonistes partent à l’aventure ? Ils commencent une enquête sur le meurtre ? C’est le passage qui dira à votre lectorat « l’histoire part dans cette direction-là ».

Pour les péripéties, une bonne vieille liste fera l’affaire ! Celles-ci incluent toutes les actions et scènes qui se passent dans votre intrigue et qui lui permettent d’avancer. À cette étape, je n’en note jamais plus de deux ou trois (à moins d’avoir plein d’idées en tête). Ne vous mettez pas la pression pour en trouver le plus possible ; laissez-les venir naturellement. 

Le point médian est le juste milieu de votre intrigue. Le moment où l’histoire est remise en question, ou un changement drastique s’opère. C’est le moment où l’on comprend que l’intrigue bascule vers l’autre partie du récit. Souvent, c’est à ce moment que le héros perd tout, tout ce qui semblait acquis dans le premier parti de l’acte. La tension monte de plus en plus à partir de ce point exact. 

Enfin, le pivot du deuxième acte se situe juste avant votre climax. C’est le moment où l’on retient son souffle, où la tension ne fait que monter et l’intrigue passe bientôt à son dénouement.


Acte III

Pour le climax, il est intéressant de dissocier son début et sa fin. Le début peut beaucoup se rapprocher du pivot du deuxième acte, puisqu’on reste dans cette intensité dramatique continuelle. Le climax est le moment le plus haut de tension du récit. L’histoire trouve son dénouement, offrant une première conclusion à l’intrigue de votre récit. 

Le dénouement est précisément la situation à la fin du climax. Les héros ont-ils atteint leur objectif ? Ont-ils échoué ? Ont-ils gagné quelque chose, ou ont-ils tout perdu ? C’est le premier moment où la situation se pose depuis le début de la monter en tension.

Enfin, pour la toute dernière étape, la situation finale ou l’épilogue. Il n’est pas obligatoire d’en avoir, mais, dans la plupart des récits, il est agréable d’avoir une situation de fin bien posé qui permet clairement de comprendre ce qu’il advient de tous les personnages du récit. 



Conclusion

La structure en trois actes n’est pas la seule qui existe. Cependant, c’est celle que j’utilise le plus, car elle est terriblement efficace. Cette liste de moments clefs permet de développer son histoire sans venir trop développer. Elle peut se révéler assez plaisante pour les jardiniers qui refusent de faire des tableurs, mais qui n’ont pas non plus envie de pleurer pendant leur réécriture. Bien entendu, restez souple sur tous ces éléments, ils pourraient être amenés à changer lors de votre écriture, mais avoir une ossature permet de savoir où vous diriger. 

Vous pouvez retrouver le tableau Notion utilisé dans l’article gratuitement ici, ainsi que plusieurs autres qui vous aideront dans votre parcours d’écriture.

Et si jamais vous voulez des jolis carnets pour développer vos histoires, c’est par là.

Si jamais ça vous intéresse, vous pouvez retrouver un article sur le worldbuilding juste là ou bien cinq conseils pour écrire des personnages intéressants par ici !





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