Comment écrire des personnages intéressants ?
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Ça, c’est une question qui travaille beaucoup d’auteurs. Il est difficile d’écrire un bon personnage : on peut avoir tendance à lui donner trop de qualités ou trop de défauts, ou l’on peut s’apercevoir en cours d’écriture qu’il sonne creux, sans comprendre pourquoi. Pourtant, souvent, le souci vient d’un seul point ; il manque de substance. Rendre vivant un personnage passe par les petits détails, les phrases glissées ici et là qui lui insufflent de la profondeur. Mais il faut avouer que ce n’est pas facile à faire. À partir de quand en fait-on trop ? Quelles sont les astuces pour réussir ses fiches personnage sans s’arracher les cheveux ? Dans cet article, on est là pour répondre à ces questions et vous aider dans votre parcours ! Alors, voici cinq conseils pour rendre vos personnages crédibles et intéressants.
1. Choisir un rôle pour ton personnage
Quand on crée un personnage, on doit d’abord savoir pourquoi il se trouve dans notre histoire. Est-ce qu’il est votre protagoniste, un antagoniste, un personnage secondaire ou tertiaire ? Ces informations vont énormément faire varier le nombre de détails dont vous aurez besoin pour l’écrire. Bien entendu, il est de coutume ici de dire que rien n’est jamais figé. Un personnage tertiaire peut ainsi devenir secondaire, et l’inverse est tout aussi possible. Voyez comment les choses évoluent dans votre récit. Prenez des notes durant votre premier jet pour ne pas perdre le fil !
Ensuite, si vous deviez le ranger dans une case, où le mettriez-vous ? Je parle évidemment des grands clichés : l’ami rigolo, le héros arthurien, le mentor, l’amoureux.euse, etc. Il peut être désagréable de planter son personnage dans une case aussi clichée, mais on doit se dire que c’est juste pour comprendre dans quelle direction on part avec, et non pour le figer dans un archétype.
Enfin, pour finir de définir son rôle, je fais quelque chose qui sonne très bizarre, mais qui est toujours d’une immense aide ; je lui invente un titre. Souvent composé de deux mots, il permet de savoir exactement la direction principale qu’on veut prendre avec ce personnage. Voici des exemples pour clarifier mon propos : Suzanne, dans mon roman Titanomachie, est titrée « l’ingénieur-peintre », Laël, le personnage principal de « Aube » « le mécanicien médiocre ». Pour prendre des exemples plus connus, on pourrait parler de Frodon Sacquet du Seigneur des anneaux, « le hobbit téméraire », ou bien de Sanji de One Piece, « le cuisinier charmeur ». Alors, bien entendu, ça sonne très étrange à l’oreille et ce n’est pas un titre fait pour figurer dans votre histoire. C’est juste un indicateur pour savoir où vous allez avec votre personnage, pourquoi il existe et ce qui importe le plus dans son caractère.
2. Donne-lui une particularité visuelle
Maintenant qu’on sait où on va avec ce personnage, on va devoir se le représenter, mais pas n’importe comment. Qui que ce soit dans ce monde a une particularité visuelle ; ça peut être un grain de beauté sous l’œil, un nez cassé, des lunettes, les ongles rongés, une canne… Il existe une infinité d’exemples possibles. Ici, ce qu’on veut, c’est sortir des descriptions linéaires : carrure -> couleur des yeux -> couleur de cheveu. Le regard doit s’accrocher sur un détail, d’autant plus avec des personnages secondaires dont on aura de la difficulté à se souvenir si sa seule description se résume à « un grand blond aux yeux verts ». De plus, cette caractéristique permet d’appuyer les manières de nommer le personnage (sans en abuser, évitez d’appeler votre personnage principal « le rouquin » à tout va).

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3. Donne-lui un tic
Ce point va de pair avec le précédent, car ils fonctionnent de la même manière ; tout le monde à un petit geste répétitif dans son quotidien. Votre personnage peut dire « quoi » à la fin de toutes ses phrases, taper du pied quand il réfléchit, se ronger les ongles, passer la main dans ses cheveux… En résumé, un petit geste qu’il va faire de manière très régulière dans votre récit et qui va donner du corps à votre personnage. Ça peut même devenir un élément annonciateur pour les lecteurs les plus assidus. Admettons que votre personnage claque des ongles quand il perd patience. Dans ce cas, mentionner ce tic au cours d’une conversation suffit pour que le lecteur comprenne avant même que ça se passe que le personnage va exploser.
4. Une personnalité, c’est bien !
Le cauchemar de tout auteur est de créer une Mary Sue ou un Gary Sue comme personnage principal (c’est-à-dire un personnage sans aucun défaut). Pour contrer cela, dans mes fiches de personnages, j’équilibre toujours les qualités et les défauts : cinq de chaque pour les personnages principaux, trois pour les personnages secondaires et un pour les personnages tertiaires. Bien entendu, les qualités et les défauts composent vraiment l’identité de vos personnages. Ne remplissez pas les cases au hasard en en mettant des légers qui resteront inutilisés dans votre roman. Par exemple, évitez de mentionner qu’il se montre perfectionniste si vous ne l’employez jamais dans votre récit, ou tout du moins pas de manière à en faire un vrai problème dans la vie de votre personnage. N’oubliez jamais que vos fiches personnage ne se limitent pas à des lignes à remplir. Elles sont là pour vous aider à créer un personnage crédible et vous donnent des billes pour résoudre les scènes dans lesquelles vos personnages sont impliqués. Les défauts et qualités doivent avoir de l’impact sur le récit, sinon votre personnage pourra finir par sonner creux.

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5. Une backstory, c’est super, mais on évite de s’enflammer
Évidemment, écrire l’histoire de votre personnage est le moment que tout le monde attend, mais je tiens à y aller avec des pincettes. Nous avons (je m’inclus dedans, car je le fais aussi beaucoup) tendance à aimer les backstory tragiques, les récits de prince déchu, d’orphelin ou de personnage privé de tout espoir et de joie. Cependant, dans le cas où ce n’est pas le centre de votre intrigue, posez-vous bien la question de l’utilité de cette histoire terrible. Si c’est juste parce que votre personnage est antipathique ou égoïste, c’est peut-être léger comme raison. Si l’objectif est de torturer un personnage pour qu’il ou elle se jette dans les bras du love interest, il existe peut-être des moyens plus créatifs d’y parvenir. Les backstories tragiques, c’est chouette, on est d’accord sur ce point. Cependant, ne négligez pas l’intérêt qu’une histoire plus douce ou plus simple peut apporter.
Conclusion
Quand vous créez un personnage, ne cessez jamais de vous demander « pourquoi ? ». Pourquoi un tel défaut ? Pourquoi une telle histoire ? Pourquoi un tel tic ? La crédibilité d’un personnage (et j’irais même plus loin en disant d’une intrigue) passe par le fait que tout a une cause et des conséquences. Si tout est lié, les lecteurs y croiront, et c’est exactement le résultat que l’on souhaite. Nous voulons qu’ils restent plongés dans l’histoire sans jamais en sortir, car une incohérence les aura fait bondir de leur siège (si ce n’est pas voulu, tout du moins).
Vous pouvez retrouver le tableau Notion pour créer vos fiches personnages présentées dans l’article gratuitement ici, ainsi que plusieurs autres qui vous aideront dans votre parcours d’écriture.
Et si jamais vous voulez des jolis carnets pour développer vos histoires, c’est par là.
Maintenant que vous avez posé vos personnages, travailler votre worldbuilding en consultant cet article s’impose, ou, si vous l’avez déjà fait, vous pouvez passer au scénario en cliquant juste là !